MISSION - L'enfer de sable | PV. Sahraan. [Terminée]
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 ::  :: ✧ Le Désert
MessageSujet: MISSION - L'enfer de sable | PV. Sahraan. [Terminée] Lun 26 Juin - 19:30
Sahraan & Fleeheviä, vous devrez chacune en un post, rechercher un jeune animal (espèce au choix) perdu dans le désert. Bien entendu, cela sera compliqué au vu de la chaleur, des mirages, et des possibles tempêtes, mais vous finirez par mettre la main dessus... Et sur quelques bandits de grands chemins qui pensaient en récupérer une jolie somme.
Ils sont deux, un tigre et un cerf, plutôt costauds. A vous de voir si vous les mettez en fuite, les arrêtez ou bien les tuez. Quoiqu'il en soit, sauvez l'enfant, rapportez le sain et sauf à ses parents et décocher une belle bourse. Vos deux posts feront 2000 mots chacun.

BrûleSable.
Fleeheviä et Sahraan, un pirate de sa flotte qu’elle venait de rencontrer, venaient d’être prit en tenaille par un couple de riches marchants inquiets. Tout se passait bien, pourtant. On les avait envoyé en mission dans la ville-forteresse dans le but de récupérer quelques vieux parchemins concernant une future rencontre à la frontière entre deux royaumes, afin d’échanger de la marchandise plutôt onéreuse, et donc fort interessante à récupérer.
Cette mission, en elle même, n’était pas bien compliquée. Les deux compères avaient pu ensemble récupérer quelques informations, Fleeheviä étant naturellement consciente des faux et des vrais faits que l’on leur transmettait. Sahraan, lui, était puissant, et pouvait se débarrasser de potentiels concurrents à la tache, de flottes adverses, ou encore libérer le chemin. À vrai dire, elle ne l’avait pas tellement regardé agir tandis qu’elle voltigeait entre les ruelles, pour se rendre à l’endroit tant désiré.
Mais on les avait arrêté. Sans doute l’oiseau bleu avait été trop explicite dans ses paroles, car l’information s’était rapidement dispersée dans le coin.

C’était un couple de chevaux de traits qui les avaient attrapé au coin d’une rue. Le genre d’animal face auquel on ne résiste pas. Un coup de jambes postérieures, et s’en était fini. Quoiqu’ils n’avaient pas l’air si menaçant… En fait, la femelle avaient même les larmes aux yeux. Ce genre de regard désespéré qui ne vous laissait pas de marbre.
- Es-tu certaine qu’il s’agit là d’une bonne idée, Eremite? demanda le mâle noir à sa supposée conjointe.
Elle portait une décoration semblable à une alliance autour de la cheville droite. Celle-ci était faire de feuilles d’or et ornée de Lapis-Lazuli et de diamants, une alliance de couleur convenant avec délice à la couleur de la robe de sa chère et tendre. Difficile, en posant les yeux sur une telle parure, de ne pas imaginer la richesse que possédait les deux marchants.
- Avons nous réellement le choix, Era? Notre petit est perdu, là, quelque part dans le desert!


Oh non bordel, ils voulaient que Sahraan et elle recherchent un foutu gosse?

- Oui mais ce sont… voulu poursuivre le prénommé « Era », bel étalon à la robe noire et à la crinière teinte de feuilles d’or.

Ces riches bordel, toujours là à se pavaner, et exposer leur richesse. « Ouhouuuuhh regardez moi je suis R I C H E et pas vouuuuus. »

- Des pirates! Oui je sais Era, merci! commença à s’impatienter sa dulcinée. Et JUSTEMENT, ils ont l’air bien compétents pour chercher des trésors, alors pourquoi pas un poulain dans un désert?


Elle était bien marrante, la jument dont l’instinct maternel débordait comme l’écume dans une casserole d’eau bouillante un peu trop remplie. Elle était déjà allée dans le désert au moins, celle là? Son gosse était peut-être déjà mort à l’heure qu’il est. Mais bon, les mères, c’était souvent toutes les mêmes. Tant qu’il y avait de l’espoir et que la mort n’était pas officialisée, l’enfant était considéré comme vivant.

- Et qu’est ce qui nous obligerait à le faire? questionna Fleeheviä.
Si Sahraan avait prononcé un mot, elle ne l’avait pas entendu, bien trop perdue à s’écouter penser.

- Nous avons des informations compromettantes sur vous, rétorqua Era, d’un air presque trop fier à son goût.

- Nous sommes des pirates, ça n’a rien d’étonnant.



Aller bim. Ils pensaient vraiment pouvoir les avoir avec ça, à Aurinkoi?
Pendant quelques secondes, le silence qui suivi fut bien trop palpable. Gênant, presque. Le couple d’équidé se lança quelques regards, confus. Tout leur plan venait de tomber à l’eau, en quelques mots à peine.



- … nous pouvons vous payer. Retrouvez notre fils, et vous serez récompensés, déclara Eremite malgré le regard presque choqué d’Era. Il devait sans doute être le genre de type avare à souffrir lorsqu’il perdait une pièce dans la rue.

- Je préfère ça! s’exclama l’oiseau, fixant l’étalon, qui portait désormais un regard bien moins fier. À quoi il ressemble, votre petiot?



On donna aux deux pirates un médaillon d’or à l’ornement probablement réalisé par un grand bijoutier. Des fleurs de lys s’entremêlaient sur cette pièce de collection pour rejoindre la chaine qui permettait de le suspendre autour de l’encolure des chevaux. En activant un mécanisme basique - la simple pression d’un bouton sur le côté du collier - ce médaillon s’ouvrait en deux. Une partie contenait sous verre une petite tresse tissée en crin, probablement faite d’une mèche recueillie sur chaque membre de la famille. Dans l’autre moitié était placée une petite peinture, là encore sans doute réalisée par un grand maître en la manière.
La miniature, malgré sa taille, était plus que réussie et relevait presque de la perfection. On pouvait y voir un couple aimant de chevaux, une sable et un noir dans lesquels Fleeheviä put reconnaitre Era et Eremite.
Leur grande tête enlaçait celle d’un jeune poulain au sourire maladroit. Sa crinière était encore frisée, témoignant de son jeune âge, et le bout de son nez était couvert de lait. Les riches allaitant peu, il s’agissait probablement de celui de sa nourrice, mais là n’était pas la question.
Le poulain était sable au crin noir. Il était putain de sable, bordel!
Ça ne paraissait pas très grave, habituellement. Mais là, on parlait d’un poulain d’environ un mètre au garrot à tout pété, perdu dans un desert… de sable! Vous pensiez vraiment qu’un truc pareil, ça se discernait bien, du sable sur du sable?
Si un couple de riches marchants en venait à demander de l’aide aux pirates, c’est sans doute parce que les soldats avaient refusé une telle mission. Et s’ils l’avaient refusé, c’est parce que c’était presque suicidaire, surtout par ce temps. C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Si le petit n’est pas retrouvé à la tombée de la nuit, on abandonnera les recherches. On a pas que ça a faire.
- Il s’appelle Anko! s’écria la mère, tout en les regardant s’éloigner.

Fleeheviä ne l’avait pas remarqué. Alors peut-être que Sahraan l’avait fait, lui. Mais deux individus, un tigre et un cerf plutôt musclés, étaient peut-être un peu trop proche du couple et des pirates, et avaient sans doute perdu une oreille dans cette conversation…
Ces deux là n’étaient pas idiots. S’ils suivaient l’oiseau et le lycaon et mettaient la main sur le petit avant eux, ils pourraient demander une rançon plus qu’alléchante à ce couple de riches marchants. Ils l’avaient comprit, et étaient bien décidés à prendre cette opportunité.


Les deux jeunes pirates prirent donc la route pour le désert, équipés pour la traversée. Le couple leur avait payé, et ils avaient plutôt interêt, de quoi se protéger du soleil et boire suffisamment longtemps pour ne pas mourir de soif avant la tombée de la nuit - s’ils géraient leurs quantités, évidemment. Boire tout d’un coup, c’était signer son arrêt de mort.
Une boussole d’argent avait été remise à Sahraan. Même si ce n’était pas d’une grande utilité, étant donné que Fleeheviä pouvait retrouver son chemin par les airs et le lui indiquer, ils n’étaient jamais à l’abri d’une quelconque séparation ou d’un malaise de la part de l’oiseau, qui l’handicaperait suffisamment pour ne plus pouvoir prendre la route des airs.

Mais tout de même, comment un enfant avait-il pu se perdre dans un désert? On leur avait raconté que le petit Anko avait prit un jeu de « chasse au trésor » trop au serieux, et s’était aventuré dans ce lieu que Flee aimait appeler « l’enfer de sable ». Car c’était un enfer sur terre, facilement accessible aux vivants.
Si la journée était si chaude qu’elle vous brulait sous votre pelage ou votre plumage, les soirées étaient aussi glacées que lors des hivers les plus froids au royaume d’Unelma. Ces changements de températures avaient de quoi vous rendre fou si vous y restiez plus de vingt-quatre heures. Ajoutez à cela les mirages et les tempêtes fréquentes, en plus du vent portant des bouffées de sable dans votre face toutes les vingt secondes, et vous obteniez un supplice continuel dans un enfer doré. Et vous aviez beau vous tourner dans tout les sens, peu importe la direction, la seule variation dans ce paysage monotone était la taille des dunes qui vous entourait.
Mais tout de même, en plus de la réputation du désert, si souvent répétée aux enfants de BrûleSable afin de les convaincre de ne jamais s’y aventurer seul, il fallait quand même être sacrément débile pour s’y rendre sans personne, parce qu’une carte inventée lors d’un jeu situait une croix au beau milieu du sable? Celui-là, il valait mieux pour lui qu’il ne rejoigne jamais une flotte de pirates…

Un enfant, ça ne pouvait quand même pas aller bien loin dans le désert, si? Peu importait, Sahraan et elle partiraient de ce constat. Ils ne quitteraient donc pas à plus de trois kilomètres la péripétie de la ville marchande, histoire de toujours pouvoir la garder à l’oeil depuis le ciel, et pouvoir rentrer en urgence en cas de problème. Ils devaient sauver un enfant, mieux valait ne pas encombrer davantage la garde de la ville en leur offrant deux autres abrutis à aller rechercher dans le désert. Ou, dans le pire des cas, ils deviendraient deux squelettes blancs dévorés par les vautours, servant d’avertissement aux fortes têtes et aux inconscients comme cet « Anko » afin de les persuader de faire demi-tour, avant qu’il ne soit trop tard.
Fleeheviä secoua la tête, comme pour faire partir cette pensée de sa tête. Il était hors de question qu’elle termine ainsi, et il en était de même pour Sahraan.

Elle but donc une gorgée d’eau, et s’envola dans les airs, au dessus de son camarade de flotte. Pas trop haut, bien sûr. Si ses ailes n’étaient pas de cire, elle ne voulait pas finir comme Icare. Plus elle s’approcherai du soleil, plus la chaleur se ferait présente. Il serait inconscient de sa part de se rendre aussi haut dans le ciel. Aussi haut que d’habitude. Là, il n’y avait pas de vaguelette et de vent du nord pour la porter dans une température abordable.
Là ou elle se trouvait, la nature était cruelle. Il lui sembla presque que le soleil et les quelques trainées blanches dans le ciel riaient d’elle, mais il s’agissait fort probablement d’un mirage.
Cependant, elle ne pouvait pas voler trop bas non plus. À une certaine hauteur, ce n’était plus le soleil le problème, mais le sable. Celui-ci, porté par le vent, venait se nicher entre ses plumes et ses rémiges, alourdissant ses ailes et son corps tout entier. Cela pouvait la faire tomber au sol, et bien qu’elle se doutait que les dunes amortiraient la chute, elle préférait ne pas en faire l’expérience.

Rapidement, elle put constater qu’ils n’étaient pas seuls. Après avoir confondu six fois le fameux Anko avec un tas de sable particulier ou avec un mirage, elle remarqua deux silhouettes étranges, qui n’avaient rien à faire là, et semblaient les suivre. Une forme orangées aux rayures noires et un autre brun aux bois impressionnants. Un tigre et un cerf. Les mêmes que Fleeheviä n’avait pas remarqué quelques minutes plus tôt.

- Sahraan, lui expliqua-t-elle en descendant en piqué, je crois que nous sommes suivis. Un tigre et un cerf. Je ne sais pas ce qu’ils nous veulent, mais s’ils engagent un combat, je te laisserai faire. Ils se rapprochent de plus en plus. Je te laisse t’en occuper pendant que je poursuis les recherches.

Sans même attendre sa réponse, elle prit la route des airs. De là haut, ils ne pourraient pas l’atteindre. Il fallait se dépêcher, et vite. Le crépuscule approchait dangereusement, tout comme les deux étrangers. Et s’ils trouvaient l’enfant avant eux, c’était fichu. Non seulement le couple ne le récupèrerait potentiellement pas, mais en plus, leur réputation prendrait un sacré coup.
La chaleur commençait à baisser progressivement, mais le choc thermique qu’il apportait en même temps fit tourner la tête de l’oiseau. Ce n’était clairement pas le moment de se laisser abattre par le désert! Pense à la récompense qui vous attend, Flee! Elle n’est probablement plus très loin!

Priant Köttur, elle espérait le trouver au plus vite, pour enfin rentrer récupérer ce fichu parchemin et retrouver les autres sur le navire.
Et sans doute sa prière se fit entendre. Là bas, en contrebas, une petite forme recroquevillée couleur de sable sur lequel se dessinait une longue ligne noire.
Anko! C’était lui, et cette fois ci, ce n’était pas un mirage!
Se précipitant vers l’enfant, elle lui offrit sa petite gourde qu’elle tenait par les serres. Il était mal en point, ce qui était normal, mais ça ne semblait être rien de grave. Cependant, elle aurait besoin de l’aide de Sahraan pour le récupérer et le ramener à BrûleSable. Seule, sa taille ne lui permettait pas une telle tâche.
Pourtant, après une petite pause et quelques sermons, le jeune équidé trouva la force de se lever sur ses quatre jambes. Ils ne pourraient pas courir, mais au moins, il pouvait marcher. À cette allure, ils atteindraient peut-être l’entrée de la ville avant que la nuit ne plonge le désert dans les froid ténèbres.
Maintenant, il ne lui restait plus qu’à rejoindre Sahraan et rentrer apporter l’enfant. En espérant qu’il n’ait rien de cassé.

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Je te laisse terminer le RP! :D J'avais demandé dans la mission une partie combat, puisque tu ne te voyais pas trop sauver un gosse et que le combat te convient sans doute mieux. Tu as donc un potentiel combat (si tu l'accepte) à régler, et ensuite, le retour à BrûleSable! :)
Si nécessaire, tu peux jouer Flee pour le retour, mais si tu n'es pas sûre, envoie moi un MP pour me demander si le comportement convient ^^
Fleeheviä
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MessageSujet: Re: MISSION - L'enfer de sable | PV. Sahraan. [Terminée] Mar 27 Juin - 12:34
ft.
Fleeheviä
« La Fournaise de Sable »
Et le Fantôme des Dunes
Un marché.
Ses griffes d’obsidienne crissèrent sur le sol.
Il avait jadis choisi d’oublier les inutiles promesses. Nombre étaient ceux qui, convaincus de leurs capacités, s’étaient élancés tête baissée dans une aventure qu’ils sous-estimaient. Si sa comparse semblait cependant, et à juste titre, demeurer méfiante face au couple d’équidé, le lycaon ne put retenir un grognement discret. Il ne voulait pas de cette histoire. Nul n’avait à lui proposer ce qui ne le concernait pas. Il était libre de ses actes, de ses pensées; et la simple idée de se mettre au service d’un autre pour un prix qu’il ignorait alors le répugnait.
Peu lui importait, en vérité, cette affaire dans laquelle il lui semblait avoir été jeté. Si l’unique sentiment de devoir répondre aux ordres l’agaçait au plus au point, le comportement des deux bourgeois attisait davantage sa colère. Imbus d’eux-même, certains de leur pouvoir, leurs prunelles même reflétaient leur assurance crédule. Si Sahraan avait alors ignoré ce pourquoi il écoutait encore les deux imbéciles, peut-être se serait-il moqué. De cette aveugle certitude qui paraissait les omnibuler, de cet invincible sentiment de supériorité. Ils croyaient tout savoir. Là où le canidé prétendait ignorer en connaissant tout, les puissants chevaux se moquaient de leur univers en affirmant leur savoir.
Le lycaon étouffa un soupir, lassé de ces sottises. Il avait mieux à faire. Rabattant sa capuche sur ses yeux, il tenta en vain de s’isoler dans sa bulle de silence et d’obscurité.
Il lui fut cependant impossible d’ignorer la voix plaintive qui s’éleva alors.
- … nous pouvons vous payer. Retrouvez notre fils, et vous serez récompensés.
Un sourire mielleux se dessina alors sur ses babines, ravivant l’améthyste de ses prunelles masquées. La faiblesse qui peignait les paroles de la jument étira davantage encore le rictus de ses lèvres. Elle reconnaissait son impuissance. Elle reconnaissait son ignorance.
Sahraan n’était pas cupide, loin de là. L’argent constituait simplement, à ses yeux, l’une de ces vérités qu’il n’avait su contester. Les piécettes régissaient son univers. Il ne ressentait leur appel, mais connaissait leur importance. Nul ne vivait sans monnaie; ceux qui parvenaient encore à le contredire croupissaient dans les ruelles, attendant patiemment de voir luire leurs os sous leur peau décharnée. Sahraan avait connu la pauvreté, et la nécessité de gagner sa vie ne lui échappait pas. Si se soumettre aux volontés de ces immondes individus attisait sa méprise, la perspective de les asservir à son tour l’intéressait grandement. Ce fut, lorsque sa comparse se prononça sur un ton enjoué, qu’il sut que l’enfer commença.
L’enfer du sable, l’enfer de l’or.
Jetant à peine un coup d’oeil au médaillon qui passa entre doigts de jais, Sahraan mémorisa aisément la figure du disparu. Un jeune poulain aux teintes sables. Ce qui se révélait utile pour l’objectif de leur tâche. Un enfant du soleil sur les Terres du soleil. Tout allait pour le mieux. Ses yeux lavande se posèrent à nouveau sur la délicate peinture qui ornait l’objet. L’enfant n’était probablement même pas sevré, à en juger du lait qui perlait sur son museau.
Tandis que se camarade échangeait quelques mots, que le lycaon ne jugea pas importants, avec la famille incomplète, ses yeux se posèrent sur les ombres de la rue. Etincelants d’or et de braise, quelques paires d’yeux le sondait, semblant discerner dans son propre regard plus qu’il ne souhaitait en dévoiler. Plongeant à son tour dans l’abîme, il força les deux compères à détourner le regard. Un tigre et un cerf. Sahraan leur adressa un sourire éclatant, témoignage de ses obscures pensées. Il modèlerait leurs esprits, jouant avec leurs âmes comme il l’avait appris. Ils pensaient le surpasser, par le nombre, par la force. Mais dans les ténèbres qu’ils croyaient refuge, le pirate maniait ses ficelles, enlaçant ses victimes et les poignardant de ses attaches. Il jonglait avec leurs vies sans se soucier de leur poids. Il n’avait que faire de leurs plaintives supplications. Il était celui qui jouait, non pas par interêt, mais parce que cette entreprise l’amusait.
Toisant une dernière fois les deux silhouettes qui s’éloignaient dans la ruelle, Sahraan se tourna à nouveau vers sa comparse. Celle-ci sembla lui adresser un regard, avant de l’inciter à prendre la route. Le lycaon savoura un instant le contact des froids pavés sous ses doigts d’obsidienne. L’enfer commençait.
Quelques grains de sable filtrèrent sous ses coussinets. Enfant du soleil, il ne redoutait pas la fournaise des dunes. Seul le regard omniscient du roi Soleil l’affligeant véritablement. L’immonde sentiment d’être sondé, que fuir ne retiendra pas son poursuivant. Masquant la majorité de son corps sous sa cape bordeaux, Sahraan s’esquiva tant bien que mal aux prunelles de l’omniscient. Son regard, quoique majoritairement rivé sur les milliers de grains qui ondulaient sous ses pattes, vagabondait de temps à autre sur sa camarade.
Il ne la connaissait, véritablement, que très peu. Son nom, qui parfois lui échappait, il le reconnaissait, ne lui était pas inconnu. Fleeheviä. Le lycaon ne lui portait pas d’interêt particulier. Seules ses deux ailes élancées le fascinait plus qu’il ne l’aurait souhaité. Son corps lui semblait brutalement pesant fardeau face la légèreté dont faisait preuve la pirate. Elle semblait fendre les cieux, provoquant les vents, défiant toute loi de gravité comme bon lui semblait. Elle régnait sur un monde qu’il ignorait. Et ce sentiment d’ignorance qui le dévorait peu à peu ravivait en lui son mépris.
Son incapacité à la saisir lui échappait cependant rapidement. Si elle valsait dans les cieux, il dansait dans les dunes. Enfant du soleil, il glissait sur les sables comme une danseuse sur scène. Progéniture du désert, sa carrure et son espèce même signifiait ses capacités à se fondre dans cet environnement hostile. Il était maître de cet Enfer. Il dansait avec les dunes tandis que certains dansaient avec la Faucheuse. Jamais, et il en était parfaitement certain, ses os ne joncheraient le désert. Il s’était moqué de la vie, qui saurait l’empêcher de se moquer de la mort ?
Plusieurs fois, sa camarade lui proposa une gorgée d’eau, qu’il refusa sèchement. Non pas par fierté, mais par économie. Il n’en ressentait pas la nécessité, pourquoi se priver d’un bien qu’il pourrait regretter plus tard ? Son corps supportait largement la chaleur, protégé par l’humidité de sa cape. Il échappait aux ardents rayons de feu, fugitif des ombres. Plusieurs fois, il hésita à engager la conversation, mais sa méprise l’en dissuada.
Ses pensées, quoique dirigées vers son objectif - et par sa camarade, entre autre - s’acharnaient à se focaliser sur les deux inconnus de la ruelle. Sahraan se remémora leurs prunelles embrasées. Il connaissait leurs intentions; et elles étaient mauvaises. La perspective de voir son butin lui filer sous le nez lui déplaisait fortement, et il savait foncièrement qu’il faudrait y laisser quelques plumes - pardon, quelques poils -.
Plusieurs fois, malgré sa résistance à l’astre diurne, il crut sombrer dans la gueule des sables. Les grains filaient entre ses doigts sans qu’il ne parvienne plus à les distinguer. Le monde se tordait devant ses prunelles, torturé par la morsure de Rê. Ce fut, non sans répugnance, qu’il clama auprès de sa comparse quelques gouttes d’eau.
Le liquide qui s’écoula dans son corps lui parut lui accorder un semblant de vie. A nouveau animés de l’ardeur qui les consummait jadis, ses membres se redressèrent, ravivant son allure. Se raccrochant au souvenir du butin prochain, le canidé reprit sa route.
Tandis qu’il serpentait entre les dunes, adressant de temps à autre un signe de tête interrogateur à la pirate qui l’accompagnait pour se renseigner, Sahraan sentit un perfide frisson s’étirer sur son échine. Quelqu’un se jouait de lui. Une prunelle les surveillait, éclat d’or dans l’enfer de feu. Ne souhaitant pas dévoiler son pressentiment, le mercenaire adopta une allure plus posée, Ses pattes semblaient à peine effleurer le sol, survolant les grains de cuivre sans un murmure. Il trompait ses adversaires, leur laissant croire à une assurance plus marquée. Balayant le sol de sa fine queue, ses empreintes s’effaçaient sous l’assaut du vent, laissant pour seul témoignage de son passage les vestiges du désert. Alors que ses doigts caressaient à nouveau l’étendue de feu, un frémissement attira rapidement son attention. Ce fut un sourire mesquin qui se dessina sur ses babines. Ses sens ne l’avaient pas trompé. Ils étaient là, les surveillant, voleurs perfides attendant leur butin.
Le lycaon s’arrêta brusquement, le nez au vent. Fleeheviä piquait vers lui, ralentissant sa chute de ses ailes d’azur. Tandis que les prunelles améthystes du canidé plongeaient dans l’émeraude dorée de sa comparse, il veilla à surveiller qu’ils ne pouvaient être entendus.
- Sahraan, je crois que nous sommes suivis. Un tigre et un cerf. Je ne sais pas ce qu’ils nous veulent, mais s’ils engagent un combat, je te laisserai faire. Ils se rapprochent de plus en plus. Je te laisse t’en occuper pendant que je poursuis les recherches.
Acquiescant d’un signe de tête discret, le lycaon fit volta face tandis que sa comparse s’éloignait dans les airs. Il laissa le battement de ses ailes capturer ses sens un instant, avant de se focaliser à nouveau sur le murmure des dunes. Voilant ses prunelles lavande sous son tissu bordeaux, il se campa solidement sur ses membres. Dessinant dans l’air des trainées carmin, sa cape s’étirait dans le vent, sillage d’un fantôme oublié. Semblable à un gardien du désert, le lycaon écoutait patiemment, défendant quiconque de franchir la frontière qu’il protégeait. Ceux qui s’opposeraient à son inquiétante silhouette en paieraient le prix, quel qu’il soit.
Sahraan perçut nettement les grains de sable qui roulèrent précipitamment sur une dune, à quelques mètres. Impassible ombre du désert, il veilla à voiler son regard à ses opposants, ne laissant paraître à ses adversaires qu’un fantôme encapuchonné. Il connaissait la superstition de son monde, et sa supercherie visait uniquement à les déstabiliser. Non pas qu’il ai cru, ne serait-ce qu’un instant, pouvoir triompher des deux colosses par le biais de la peur. Mais elle participerait à leur perte.
Sahraan connaissait sa puissance. Il n’avait aucune chance face aux bandits. Il serait probablement mort avant même d’avoir tenté de les retenir par le simple biais de ses crocs. Mais son talent de marionnettiste lui vaudrait peut-être d’anéantir sans un mal les deux individus. Il ne les redoutait pas, tandis qu’eux le craignaient peut-être déjà. Et en cet élément résidait sa force. Il les maîtriserait par leurs propres mots; leurs propres erreurs.
Il demeura immobile tandis que les deux ombres paraissaient face à lui. Ténèbres dansantes dans l’obscurité grandissante du désert, il les observa et attendit. Il parut au pirate qu’un des bandits étouffa un hoquet de surprise. Il était là où ils ne l’attendaient pas. Imprévisible gardien des sables, il s’était joué d’eux avant même d’avoir commencé le jeu.
Le tigre l’observa encore un instant, avant de se laisser glisser le long de la dune, profitant de ses coussinets légers. Ses muscles se dessinaient sous son pelage de feu, témoignant de sa puissance. Son comparse le suivit rapidement, quoique plus maladroitement.
Immobile, Sahraan semblait statue des sables face aux deux bandits. S’approchant lentement, le tigre laissa finalement échapper un rire nerveux.
- J’aurais cru la tâche plus ardue, moi qui redoutait les pirates. Alors, que comptes-tu faire ? Rester là, à attendre que nous prenions racine dans ce désert ? Sois gentil, contente-toi de t’écarter, ce serait dommage que ta mignonne petite cape se teinte d’un supplément de rouge.
Le lycaon laissa un sourire mesquin se dessiner sur ses babines, tandis que le colosse se dressait devant lui. Adoptant une voix pinçante, presque sévère, le canidé permit aux mots de s’échapper, finalement, de la prison de ses lèvres.
- Vous n’irez pas plus loin; si le désert ne vous retient pas, je saurais en faire autant.
Il ricana amèrement.
- Je devine que le combat ne vous dérange pas. Alors qu’en est-il d’un petit jeu ?
Redressant sa cape pour laisser paraître l’un de ses yeux, il dévoila un rictus plus tordu encore.
- Messires ?
Patientant un instant, satisfait de l’oeillade assurée que s’échangèrent alors les deux compères, il plongea brutalement sous la poitrine du félin. Se rattrapant sur ses pattes avant, il profita que ses membres postérieurs se situent sous le torse du tigre pour le propulser brutalement dans les airs. Son geste ne s’était révélé puissant, cependant, la surprise avait retenu la défense de son adversaire, facilitant l’impulsion du lycaon.
Sahraan fit volte face tandis que le félin retombait lourdement sur le dos. Celui-ci laissa échapper un grognement de douleur tandis qu’il se fracassait par terre. Ne perdant pas une seconde, le canidé esquiva agilement une offensive de la part du cerf. Ses poils se dressèrent sur sa nuque tandis que les bois frôlaient son visage.
Le canidé se jeta alors à terre, adoptant une attitude recroquevillée et soumise. Empruntant une voix plus fluette, presque féminine, il se tassa davantage encore.
- Messieurs, voyons… Ce n’était qu’une moquerie comme une autre, je ne souhaite vous offenser…
Il enfouit son museau dans le sable.
- Ne soyons pas stupide, je connais vos désirs de biens, et je suis tout autant avec vous… Mieux vaut voler un butin que le mériter, n’est-ce pas ?
Sahraan laissa échapper un gloussement exagéré.
- Puis-je me permettre, en vous proposant un pacte, de me laver de mes erreurs ? Il ne me serait pas profitable de me faire de vous des ennemis…
Si le tigre lui jeta un regard méfiant, le cerf, crédule imbécile, se rapprocha de lui, et tendant l’oreille, s’exclama stupidement.
- Et bien, j’suppose que c’n’est pas une bien mauvaise idée, n’est-c’pas, Ator ? Si on peut éviter d’y laisser des plumes, pourquoi qu’on en profiterait pas ?
Le lycaon masqua le sourire satisfait qui peignait ses babines. Ainsi donc, l’un d’entre eux se révélait un parfait imbécile. Tandis que le tigre se rapprochait, quoiqu’à contrecoeur, Sahraan prit une profonde inspiration, laissant paraître son prochain discours.
C’est avec un infime sentiment de satisfaction qu’il pivota brutalement, noyant les prunelles du félin de sable et marquant celles du cerf d’une cruelle entaille. Dansant dans les dunes, il jeta aisément à terre le cervidé hurlant de douleur, et plongea ses crocs dans sa chair. Ses mâchoires se resserrent sur sa gorge, écrasant au possible ses entrailles. Aveuglé par la supercherie du pirate, le tigre gémissait tandis que les grains de sable voilaient à son regard le monde qui l’entourait.
L’autre bandit hurlait à l’agonie sous les crocs du lycaon, tentant en vain d’échapper à sa féroce morsure. Son sang perla rapidement sur les lèvres du canidé, lui accordant cet immonde plaisir de la vie s’écoulant entre ses mâchoires. Relâchant finalement sa victime, il laissa le corps secoué de spasmes s’agiter à ses côtés, se souciant à peine de la mort proche de son adversaire.
Sahraan eut un gémissement de douleur quand il se sentit projeté dans les dunes, percuté de plein fouet par le colosse de feu. Il se rétablit tant bien que mal, affrontant le regard désemparé de son adversaire. Celui-ci semblait hésiter, contemplant le cadavre prochain de son compagnon et celui qui lui avait assené le coup fatal. Se ressaisissant rapidement, il fondit cependant sur le lycaon. Celui-ci l’esquiva maladroitement, en profitant pour lui offrir comme ultime souvenir un coup de croc sur le flanc. Le tigre s’écrasa finalement sur le sable, avant de s’élancer vers la ville, abandonnant là son comparse et son espoir de butin.
Sahraan se redressa péniblement, tentant d’ignorer la douleur qui serpentait sur son dos. Le sang qui maculait ses babines l’agaçait, l’empêchant de percevoir les parfums de son environnement. S’asseyant dans le sable brûlant de sang, il entreprit d’effacer les traces de son combat. Il jeta un dernier coup d’oeil au cadavre du cerf. Les vautours viendraient rapidement nettoyer ses os, se souciant à peine de son identité. Il serait leur proie; et rien d’autre.
La nuit se profilait, répandant ses ombres sur le désert, quand Fleeheviä se présenta finalement à l’horizon, accompagnée du jeune poulain. Lui adressant un signe de tête, il la rejoignit, saluant à peine le gamin.
Leur retour lui parut monstrueusement rapide, tandis qu’il effaçait tant bien que mal les souvenirs de sa journée. Si son dos le laissait souffrir, la perspective du butin qu’il obtiendrait lui permettait d’oublier sa souffrance.
Lorsque les portes de la ville se présentèrent à son regard, il ravala un soupir. Laissant les membres de son groupe le dépasser, il jeta un dernier regard à l’enfer de Feu.
Le désert dévorerait ses secrets, laissant pour seul témoignage de son passage les vestiges de ses pantins.
Sahraan laissa un léger sourire étirer ses babines. Une journée semblable à toutes les autres, en somme.
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Nombre de mots : 2781 (moi qui avait perdu ma motivation en cours de route, qui aurait cru que ça repartirait si bien heheh)
Le RP est donc terminé, et j’espère qu’il te va ! Si quelque chose ne te convient pas, n’hésites pas à me le signaler o/
La mission est donc réussie, avec un combat gagné - un adversaire tué, le deuxième mit en fuite -.
Sahraan
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MISSION - L'enfer de sable | PV. Sahraan. [Terminée]
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